Sorties sortir à Tours et en Touraine, actualités des balades et évènements en Indre-et-Loire

A LIRE EN ATTENDANT DE SORTIRHistoireIdée de balade

Les curieuses rues du vieux Tours et l’église Sainte-Croix.

L’espace compris entre les tours de Saint-Martin et la Loire, la rue Royale (actuelle rue Nationale) à l’est et Notre-Dame la Riche du côté du couchant, contient les plus curieuses rues du vieux Tours.

C’est, sur bien des carrefours, dans bien des ruelles filant entre de hautes maisons serrées, le moyen âge qui semble tenir encore, malgré les siècles accumulés ailleurs sur sa poussière.

Juste en face de la tour Charlemagne, il y a un superbe ensemble gothique, l’hôtel de la Croix blanche, grande auberge de paysans dont la vaste cour, les jours de marché, est pleine de voitures et de charrettes.

A gauche se montre, humilié, un débris de l’église Saint-Denis, supprimée en 1782, servant d’écurie ; dans le fond de la cour s’élèvent les deux pignon jumeaux d’un grand logis de pierre, réunis par une haute tour à pans coupés avec tourelle en encorbellement sur le côté, édifice qui fut, pense-t-on, quelque chose comme la maison de ville de Châteauneuf. Rue Sainte-Croix, tout près de là, c’est un pignon roman percé de jolies fenêtres géminées, avec ornements en dents de scie, ancienne dépendance d’une église Sainte-Croix, du XIIe siècle, accostée d’une tourelle du XV…

Encore en partie visible, l’église paroissiale Sainte-Croix prenait place rue Châteauneuf, entre les rues Henri Royer et du Change, sur l’emplacement des n°19 et 21 actuels.

L’histoire de l’église remonte au VIe siècle quand sainte Radegonde fonda un monastère à cet endroit et qu’une chapelle fut construite puis consacrée par Grégoire de Tours pour abriter un morceau de la Vraie Croix.

À la fin des années 1070, le fragment saint fut offert à l’abbaye de Bourgueil. La chapelle conserva son nom même en l’absence de la relique et devint paroissiale [Ranjard, 1945, p. 175]. L’église primitive, de style roman, comprenait une Nef, un transept dont les croisillons étaient pourvus d’une absidiole et d’un Chœur. À partir de la seconde moitié du XIIesiècle, une campagne de travaux entreprit d’ajouter des voûtes aux travées. L’absidiole nord laissa la place à une nouvelle rectangulaire [Ranjard, 1945, p. 176-177].

D’importants travaux furent entrepris en 1480. Un Collatéral fut ajouté au sud de la nef de l’église. L’église fut haussée et pavée. La voûte du chœur et le baptistère furent restaurés. Ces aménagements sont dus aux libéralités de la famille Berthelot dont l’hôtel jouxtait l’église. À cette occasion, Jean Berthelot et Perinelle Thourelle, son épouse, firent construire une chapelle à leur usage dédiée à Saint-Barthélemy. Afin d’augmenter l’église, les Berthelot sacrifièrent une partie de leur hôtel [Anonyme, 1895, p. 127-128].

…et toutes les rues avoisinantes, la rue de la Longue Échelle, la rue de l’arbalète, ont gardé de même quelque vestige plus ou moins notable et plus ou moins caché.

Restes gothiques et même restes romans, débris d’églises élevés dans Châteauneuf, autour de la grande basilique, cela ne manque pas.

La rue du Grand-Marché a belle physionomie avec sa file de grandes maisons parmi lesquelles on peut admirer un superbe et très riche pignon du temps de Louis XI, jadis portail d’un groupe de maisons appartenant au trésorier de Saint-Martin, conduisant maintenant à des magasins de quincaillerie et montrant, ai dessus d’une grande voûte en accolade, de belles fenêtres à fronton fleuronné, très richement sculptées accompagnées de niches vides, avec une haute niche centrale abritée par un larde dais.

Pages 84 et 85

Touraine et les bords de la Loire – Inter-Livres – octobre 1992

Texte, dessins et lithographies par A. ROBIDA

A suivre…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Translate »