PISCINES ET EGLISES DU MOYEN-ÂGE ET DE TOURAINE
Les églises-piscines ne courent pas les villages, il doit en rester une quinzaine en France. L’église de Crissay-sur-Manse est une église-piscine. Inutile, évidemment, de prétendre, entre deux Ave, vous livrer aux joies profanes du crawl même si vous les tempérez de quelques Pater aquatiques. Non, cette piscine-là n’est pas destinée à ces ébats-là.
PISCINES ET EGLISES EN TOURAINE

CRISSAY-SUR-MANSE
Au demeurant, ce n’est pas ce bassin qui constitue la véritable originalité du lieu saint mais l’ombre du bienheureux Mammès injustement oublié par nos générations ingrates. Cela tient à ce que les jeunes mères des temps nouveaux ont remplacé la lait qui nous fit ce que nous sommes, c’est à dire “… le lait béni de leur mamelle” comme disait un poète également oublié, par le lait de vaches indifférentes et anonymes. Dommage.
Que celles qui, envers et contre toutes les tendances et les modes, continuent à faire bénéficier leurs descendants de leur propre et irremplaçable production laitière, sachent que saint Mammès, dévotement invoqué à l’église de Crissai-sur-Manse près d’azar-le-Rideau (Indre-et-Loire) donne du lait à celles qui n’en ont pas et le rend à celles qui l’ont perdu.
Les Villages ou l’on guérit – page 89 – de Christian Bretagne
A l’origine, cet aquamanile avait un aspect hygiénique car les fidèles pendant l’offertoire pouvaient venir en procession déposer des offrandes (légumes, poulets, fromages, cierges, argent) devant l’autel, ces dons étant destinés à la vie matérielle du prêtre ou au partage en faveur des plus pauvres. Parmi ces offrandes en nature, les paroissiens fournissaient le pain et le vin de l’eucharistie. Le prêtre devait se laver les mains et les purifier après avoir manipulé ces offrandes qui étaient essentiellement des produits de la terre.
Après la communion le prêtre se lavait les mains dans une piscine, où il purifiait le calice. Le pape Léon IV ordonne la présence de deux piscines distinctes pour chacun des usages. La première contient l’eau de lavage, qui est déversé à l’extérieur. La seconde, servant à rincer les vases sacrés, en contact avec le pain et le vin, ne doit pas être profanée et ses eaux doivent donc s’écouler dans l’épaisseur du mur du sanctuaire.
Le prêtre avant de commencer la prière eucharistique, se tournait vers l’enfant de choeur et récitait ces mots du psaume 25.
Pour des raisons de commodité, la quête s’est pratiquement substituée à ces offrandes à partir du IXe siècle si bien que le rite du lavabo est devenu un geste de spiritualité symbolisant la purification intérieure du prêtre.
Dans le rite romain sous sa forme ordinaire, institué en 1969, le geste di lavabo s’effectue toujours après la prière du Credo et au cours de l’offertoire, mais le prêtre qui se mouille uniquement le bout des doigts prononce à voix basse la formule “Lave moi de mes fautes, Seigneur, purifie moi de mon péché” qui est issue, cette fois, du psaume 50. La présentation générale du missel romain indique que ce rite doit être compris comme symbolisant le désir de purification intérieure et qu’il ne peut être omis.
En lien probable avec ce rituel, on nomme lavabo dès le XIIe siècle la vasque en pierre au milieu du jardin du cloître des monastères ou sur le côté proche du réfectoire, les moines s’y lavant les mains avant le repas et y faisant leur ablutions. Les premiers emplois du mot lavabo dans un contexte liturgique désignent le linge avec lequel le prêtre essuie ses mains (usage attesté en 1560) puis par métonymie la “prière du lavabo” et le vasque liturgique utilisé lors des messes. Dans les sacristies étaient également ménagés ce type de réceptacle permettant au prêtre de se laver les mains avant la messe et de jeter l’eau ou le vin eucharistique qui n’avaient pas été utilisés.
Architecture
Inclus généralement dans l’épaisseur d’un mur intérieur, non loin du choeur, ce lavabo n’est en général pas taillé dans une seule pierre, mais trouve sa place dans l’agencement de la maçonnerie, en creux comme une niche.
Son bord bien souvent légèrement saillant, peut-être plus ou moins sculpté et participe ainsi à la décoration de l’intérieur de l’édifice.
Dans des églises de plus grandes dimensions, la piscine se trouve dans la sacristie.
PISCINES DES EGLISES DU MOYEN-AGE









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